DMLA : rôle de l’opticien dans la prévention et le suivi
De quoi parle-t-on et quels signes doivent alerter ? Avec l’âge, il est normal que la vue évolue. Mais lorsque les mots au centre...
Vous voyez encore correctement au centre, vous changez de lunettes tous les quelques années, et pourtant une partie de votre champ visuel pourrait se réduire sans que vous vous en rendiez compte. C’est tout le problème du glaucome, une maladie de l’œil longtemps silencieuse.
Le glaucome est une atteinte progressive du nerf optique, le câble qui transmet les images de la rétine au cerveau. Sous l’effet, le plus souvent, d’une pression intraoculaire trop élevée, les fibres nerveuses se détériorent peu à peu. Des trous se forment dans le champ visuel et, sans prise en charge, cela peut aller jusqu’à une perte sévère de vision.
On distingue principalement :
Ce qui rend le glaucome dangereux, c’est qu’il peut progresser pendant des années sans signe évident. Quand le patient commence à se plaindre, le nerf optique est souvent déjà bien atteint, et les dégâts sont irréversibles.
Dans la forme chronique, le glaucome touche d’abord la vision périphérique. La vision centrale reste longtemps intacte, ce qui explique que la personne ne s’en aperçoive pas.
Au fil du temps, le champ visuel se rétrécit : on parle parfois de vision en tunnel. Des difficultés à percevoir les obstacles sur les côtés, une gêne à la conduite ou une sensation de brouillard intermittent peuvent apparaître, mais souvent à un stade déjà avancé.
Le glaucome aigu, lui, se manifeste tout autrement : douleur oculaire violente, œil rouge et dur, baisse brutale de la vision, halos colorés autour des sources lumineuses. Dans ce cas, il faut consulter en urgence.
Même si le glaucome peut toucher tout le monde, certains profils sont plus exposés :
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces facteurs, un dépistage régulier est particulièrement important, même si vous n’avez aucune gêne.
Le diagnostic du glaucome repose sur un examen ophtalmologique complet. L’ophtalmologiste mesure la pression intraoculaire, examine le nerf optique au fond d’œil, réalise si besoin un champ visuel et des examens d’imagerie comme l’OCT (tomographie par cohérence optique). Ces examens doivent être répétés régulièrement pour suivre l’évolution de la maladie.
En revanche, il est possible que vous voyiez plus souvent votre opticien que votre ophtalmologiste. C’est là que son rôle d’alerte peut être précieux.
L’opticien ne pose pas de diagnostic de glaucome, mais il peut :
Dans certains points de vente équipés ou avec un optométriste, une mesure de la pression oculaire peut être proposée à l’aide d’un tonomètre non contact. Ce test ne remplace pas un examen médical, mais il peut révéler une hypertonie oculaire et conduire à vous orienter vers un ophtalmologiste pour un bilan complet. Des études et campagnes de dépistage montrent que ce type d’initiative est bien accepté par le public et que l’opticien-optométriste peut devenir un acteur clé de l’information et de la sensibilisation au glaucome.
Enfin, l’opticien peut rappeler que changer de lunettes ne suffit pas à dépister un glaucome. Même si votre correction semble stable, un contrôle régulier du nerf optique et de la pression intraoculaire reste indispensable.
Une fois le glaucome diagnostiqué, l’ophtalmologiste met en place un traitement (collyres pour réduire la pression, laser, chirurgie selon les cas) et définit un rythme de suivi. De son côté, l’opticien continue d’avoir un rôle au quotidien.
Il peut :
Dans les formes avancées avec basse vision, l’opticien pourra, seul ou en lien avec des centres spécialisés, proposer des solutions d’aide visuelle : montures spécifiques, aides grossissantes, filtres améliorant les contrastes, dispositifs électroniques. L’objectif est alors de tirer le meilleur parti du champ visuel restant et de maintenir un maximum d’autonomie.
Le glaucome est une maladie progressive du nerf optique, longtemps silencieuse, mais capable de provoquer une perte irréversible du champ visuel si elle n’est pas dépistée à temps. Le dépistage repose sur un examen ophtalmologique complet, en particulier chez les personnes à risque (âge, antécédents familiaux, myopie forte, diabète…).
Votre opticien ne remplace pas l’ophtalmologiste, mais il peut jouer un rôle d’éveilleur de conscience : vous informer sur le glaucome, repérer les facteurs de risque, proposer parfois des mesures simples (comme la tension oculaire dans certains magasins) et surtout vous inciter à consulter quand c’est nécessaire.
Si vous avez plus de 40 ans, si quelqu’un dans votre famille est atteint de glaucome ou si vous n’avez pas vu d’ophtalmologiste depuis plusieurs années, profitez de votre prochain passage en magasin pour en parler à votre opticien. C’est un bon point de départ pour organiser un dépistage et protéger durablement votre vision.
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